A. La Bonne Nouvelle et son annonce
1. Que signifie « Évangile » ?
« Bonne Nouvelle » : en Jésus-Christ, le Royaume de Dieu et le salut se sont rendus présents (Jésus). Et les bonnes nouvelles ne se classent pas dans un tiroir : elles se racontent. Les Évangiles ne présentent pas un personnage du passé ; en eux le Christ est vivant, et c'est pourquoi son annonce demeure actuelle.
2. Pourquoi chaque chrétien est-il tenu d'évangéliser ?
Parce que c'est le mandat exprès du Seigneur ressuscité avant Son Ascension : « Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute la création » (Mc 16, 15). De plus, quiconque a découvert un trésor inestimable ne peut le cacher égoïstement : la joie de l'Évangile demande spontanément à être communiquée.
3. Qu'est-ce qui pèse le plus, l'exemple ou les paroles ?
Les deux sont nécessaires, mais « le témoignage a la priorité ». Personne n'achète un produit à celui qui ne l'utilise pas. Le chrétien n'est convaincant que si sa vie transmet l'amour et la joie dont il parle ; la parole éclaire ce que la vie est déjà en train de montrer.
B. Le témoignage par la vie
4. À quoi reconnaît-on concrètement le témoignage d'un chrétien ?
À des réalités très tangibles de la vie courante :
- la droiture morale et la conscience professionnelle dans son travail ;
- la fidélité à sa parole donnée et le refus du mensonge ou de la calomnie ;
- la joie sereine au cœur des difficultés, la générosité envers les indigents et le pardon immédiat des offenses sans esprit de rancune. « Les hommes d'aujourd'hui écoutent plus volontiers les témoins que les maîtres » (saint Paul VI).
5. Qu'est-ce que l'« apostolat de l'amitié et de la confiance » ?
Faire connaître le Christ à travers une amitié véritable : vouloir réellement le bien de l'autre, l'accompagner, et dans ce climat de confiance partager la foi avec naturel. Il ne s'agit pas de « recruter » quelqu'un ni d'utiliser l'amitié comme une tactique commerciale : c'est que l'amitié authentique désire pour l'ami le meilleur, et pour un chrétien le meilleur a un nom propre.
6. Faut-il être un grand théologien pour rendre témoignage ?
Une solide formation doctrinale est une aide précieuse, mais le cœur du témoignage est l'amour. L'aveugle-né de l'Évangile ignorait les subtilités des pharisiens, mais il affirmait avec assurance : « Une chose que je sais, c'est que j'étais aveugle et que maintenant je vois ! » (Jn 9, 25).
C. Évangéliser aujourd'hui
7. Comment parler de la foi sans se montrer agressif ou indiscret ?
Avec un respect scrupuleux de la liberté d'autrui : la vérité chrétienne ne s'impose jamais par la contrainte, elle se propose avec amour et douceur. Il s'agit de choisir le bon moment, d'écouter avant de parler et de susciter le désir plutôt que d'asséner des leçons.
8. Et au sein d'un milieu indifférent ou ouvertement hostile ?
Avec sérénité et sans aucun complexe d'infériorité : vivre avec un naturel parfait son identité chrétienne, sans double vie ni duplicité hypocrite, en répondant aux railleries par la patience, l'humour et une serviabilité sans faille.
9. D'où l'évangélisateur tire-t-il sa force persuasive ?
De la vie intérieure. « L'apostolat est la surabondance de la vie intérieure » : celui qui fréquente Dieu dans la prière et les sacrements a quelque chose à donner ; c'est la différence entre un canal avec de l'eau et une conduite vide. Sans ce commerce, le témoignage se dessèche ; avec lui, il déborde presque sans qu'on s'en aperçoive (sainteté).