A. Qu'est-ce que la direction spirituelle
1. Qu'est-ce que la direction spirituelle ?
Il s'agit d'un entretien régulier et confiant avec quelqu'un qui est préparé – prêtre ou laïc formé – à recevoir des conseils sur la vie intérieure : la prière, la lutte contre les défauts, les décisions importantes, la manière de vivre en chrétien, le travail et la famille. Une pratique très ancienne dans l'Église, qu'on appelle aussi aujourd'hui « accompagnement spirituel ».
2. D'où vient cette coutume dans l'Église ?
Elle remonte aux origines mêmes du christianisme. Jésus a guidé personnellement chacun de ses apôtres ; les premiers chrétiens confiaient leurs luttes intérieures aux maîtres spirituels ; et les pères du désert comme saint Benoît, saint Ignace ou saint François de Sales ont tous enseigné qu'il est téméraire de prétendre marcher seul dans les voies de l'esprit.
3. Pourquoi en ai-je besoin si j'ai déjà le sacrement de la Confession ?
Ce sont des choses différentes et compatibles. La Confession est un sacrement : elle pardonne les péchés. La direction spirituelle est un conseil : elle aide à grandir. L'une vise surtout à purifier ; l'autre, à avancer. Elles peuvent aller de pair — beaucoup se confessent auprès de celui qui les oriente — ou se faire séparément.
4. Un psychologue ne suffit-il pas ?
Ils ne sont pas en concurrence, car ils agissent sur deux plans bien distincts : le psychologue soigne l'équilibre émotionnel et la santé psychique ; l'accompagnement spirituel regarde la relation vivante avec Dieu et la croissance dans les vertus chrétiennes. Il y a des difficultés qui relèvent de la thérapie clinique et d'autres de l'effort spirituel ; une personne prudente sait discerner, et parfois les deux aides sont très utiles. Ce que la direction spirituelle offre est unique : une aide personnalisée pour écouter la voix de Dieu dans son âme (maturité).
B. Comment elle fonctionne
5. De quoi parle-t-on lors d'une conversation de direction spirituelle ?
De tout ce qui touche à la vie intérieure :
- la prière personnelle : comment elle se déroule, ce qui l'entrave ou la distrait ;
- la lutte spirituelle : le défaut dominant à combattre, les résolutions pratiques prises ;
- les décisions importantes : orientation des études, profession, fiançailles, vocation divine ;
- les joies et les échecs, les doutes passagers, les craintes ou les enthousiasmes.
6. La condition numéro un : une sincérité totale
Sans sincérité absolue, tout devient inutile. Saint Josémaria le rappelait avec une grande force : si l'on dissimule ce qui se passe dans son cœur, « ce qui au début n'était rien finit par se transformer en un nœud qui étouffe l'âme » ; et il recommandait d'être « sauvagement sincères, avec une prudente éducation ». Au médecin, on ne cache aucun symptôme, surtout pas celui qui fait honte : c'est d'ordinaire le plus important (sincerite).
7. Dois-je obéir aveuglément à tout ce que l'on me dit ?
La direction spirituelle propose des conseils éclairés, elle ne donne pas d'ordres autoritaires. « Le conseil n'élimine pas la responsabilité personnelle : c'est nous-mêmes, chacun pour son compte, qui devons décider au bout du compte » (saint Josémaria). Son but n'est pas de fabriquer des personnes passives exécutant des consignes extérieures, mais de former des chrétiens mûrs dotés d'un jugement droit. Cela étant, demander conseil pour ne jamais en tenir compte serait une manière raffinée de perdre son temps : la docilité intelligente fait partie du profit spirituel (liberté, conscience).
C. Questions pratiques
8. Qui peut donner une direction spirituelle ?
Traditionnellement les prêtres en raison de leur grâce d'état, mais aussi des fidèles laïcs bien formés, hommes et femmes, comme l'Église l'a toujours reconnu au long des siècles. L'essentiel est que l'accompagnateur possède une saine expérience spirituelle, désire ardemment le bien de l'âme accompagnée et garde une discrétion et un secret absolus. Celui qui manquerait de réserve serait dépourvu de la condition la plus fondamentale pour ce ministère.
9. Comment choisir cette personne et à quel rythme s'entretenir avec elle ?
En cherchant une personne de doctrine solide, proche de Dieu et douée de bon sens, et en sollicitant simplement son aide : dans sa paroisse, dans un centre de formation chrétienne ou auprès d'un prêtre de confiance. La fréquence ordinaire se situe entre deux semaines et un mois ; le secret réside dans la régularité. Tout comme dans l'entraînement sportif ou l'apprentissage d'une langue, une séance isolée ne produit guère d'effet : c'est la constance persévérante qui porte des fruits abondants (constance).
10. Quels bénéfices retire celui qui se laisse ainsi accompagner ?
Une grande abondance de grâces, et très rapidement :
- l'objectivité sur soi-même : nous sommes souvent de piètres juges de notre propre cas, et un regard extérieur discerne la réalité là où nous inventons des excuses ;
- de l'encouragement dans les périodes de lassitude et une saine exigence dans les moments d'élan ;
- de la fidélité : les résolutions prises devant un témoin durent bien plus longtemps que les promesses secrètes ;
- et par-dessus tout, une docilité accrue à l'Esprit Saint, qui utilise ces conseils humains pour guider doucement l'âme.