A. Ce qu'elle est et ce qu'elle n'est pas
1. Qu'est-ce que la mortification ?
C'est le sacrifice volontaire que le chrétien offre à Dieu : se priver de quelque chose de licite, accepter avec paix ce qui coûte, dominer son propre caractère. Le mot fait plus peur que la chose : la plupart des mortifications chrétiennes sont petites et personne ne les remarque.
2. N'est-ce pas une forme de masochisme ?
Non, absolument pas. Le christianisme ne recherche jamais la douleur pour elle-même ; ce serait une triste déformation psychologique. La preuve réside dans le résultat : le masochiste s'enferme dans son ego et s'assombrit, tandis que le chrétien mortifié devient rayonnant, libre et attentif aux autres. La mortification n'est pas une fin en soi, mais un moyen d'aimer davantage.
3. Pourquoi se sacrifier si Dieu n'a pas besoin de notre douleur ?
Pour l'amour. Une personne amoureuse rend amour pour amour, et l'amour se manifeste par des paroles et des actes : plus la personne est âgée, plus les actes sont généreux et sacrificiels. Dieu nous a parlé (Sa Parole) et s'est sacrifié pour nous (la croix) ; Le chrétien répond par la même chose : prière et sacrifice. Tout parent qui se lève la nuit pour son enfant comprend cela sans avoir besoin de théologie.
4. Quelle attitude Jésus a-t-Il eue envers la pénitence ?
Il l'a vécue et lui a donné son sens plénier. Il a jeûné quarante jours au désert, a passé des nuits en prière et a accepté la croix. À la lumière de sa mort rédemptrice, les chrétiens ont compris que les pratiques pénitentielles — surtout le jeûne, la prière et l'aumône — n'aident pas seulement à la conversion : elles peuvent s'unir au sacrifice du Christ et corédimer avec lui (Rédemption).
B. À quoi sert-elle
5. Quels sont ses deux fruits principaux ?
- La maîtrise de soi : celui qui sait refuser à son corps de petits caprices futiles devient véritablement maître de sa volonté, et celui qui est maître de lui-même peut se donner généreusement aux autres.
- La réparation et la purification : elle compense les désordres causés par nos péchés et détache le cœur des vanités de la terre pour l'élever vers Dieu.
6. Quel rapport a-t-elle avec la lutte contre le péché ?
Un rapport direct. Les passions déréglées ne s'apaisent pas d'elles-mêmes : celui qui n'apprend jamais à dire « non » à sa gourmandise ou à son confort dans les petites choses n'aura pas la force de dire « non » aux graves tentations contre la chasteté, la justice ou la charité.
7. La mortification enlève-t-elle la joie de vivre ?
L'expérience dit le contraire : les personnes les plus mortifiées sont d'ordinaire les plus joyeuses, et les plus gâtées, les plus plaintives. Cela a sa logique : celui qui ne dépend pas de ses caprices ne vit pas frustré quand ils manquent. Saint Josémaria parlait de la joie « avec paix » comme fruit du détachement (bonheur).
C. Comment la vivre au quotidien
8. Quelles mortifications ont le plus de valeur aux yeux de Dieu ?
Ceux qui ne sont pas choisis : accepter de bon gré les revers que la vie apporte seule - la fatigue, la chaleur, le plan tordu, le caractère de l'autre - vaut plus que les pénitences spectaculaires choisies par l'un. Ensuite, les petits et constants : la ponctualité, l'ordre, la sobriété à table, le sourire quand on n'en a pas envie. « Pensez à ce qu'il y a de plus héroïque », écrivait saint Josémaria, en comparant la croix voyante aux piqûres d'épingle de chaque jour (douleur, patience).
9. Des exemples concrets à la portée de tous
- À table : choisir la part qui plaît le moins, ne pas grignoter entre les repas, renoncer parfois au dessert ;
- Au travail : ponctualité rigoureuse, terminer la tâche ingrate sans la remettre à plus tard ;
- Dans les relations : sourire quand on est fatigué, écouter avec patience, retenir un mot d'impatience ou une critique acerbe ;
- Dans l'usage des sens : garder ses yeux sur les écrans et dans la rue, différer la curiosité inutile.
10. Existe-t-il des temps liturgiques spécialement consacrés à la pénitence ?
Oui : le Carême, les quarante jours précédant Pâques, avec jeûne et abstinence indiqués par l'Église ; et traditionnellement les vendredis de l'année, en mémoire de la mort du Seigneur (temps liturgiques). Il convient de rappeler l'avertissement de Jésus : la pénitence, sans visage vinaigre. « Quand vous jeûnez, parfumez-vous la tête » : laissez Dieu le voir, et non le public.